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2023(257. I1 P. 2Ô5). — Il faut que chaque particulier du Royaume cède à l’État un dixième de son capital, et qu’il fasse ce payement en quelques effets que ce soit, ou en quittances, ou en effets sur les 5 compagnies, ou en argent, ou en terres qui seront vendues au profit de l’État1. Par là, il n’y aura pas un seul particulier qui paye un sol, puisqu’on ne payera que ce qu’on auroit été obligé de payer tout de même. Le créancier ne perd rien. On ne lui 1o retranche que ce que les impôts l’auroient obligé de se payer à lui même. Mais les fonds de l’État seront extrêmement soulagés, et la Bretagne créancière sera supérieure à la débitrice.

2024(261.I, p. 271). — L’Angleterre a peu ou point payé de dettes depuis la paix d’Utrecht. Il est difficile qu’elle les paye : 1° à cause des guerres que lui procure la succession contestée, et à cause de celles que lui procureront toujours les affaires de l’Empire2, dont elle ne pourra plus s’empêcher de se mêler. Projet de milord Oxfort bon, de mettre les États d’Allemagne sur une autre tête. Les fortunes des princes qui ont acquis de nouveaux États ont toujours été funestes à l’un ou l’autre de ces États. Combien l’Aragon n’a-t-il pas perdu par la succession à la Castille ? la Flandre, par la succession à tous les deux ? Ce sont de nouveaux moyens mis entre

1. * Mis dans les Loix, livre XXV.

2. Et celles que lui procurera Gibraltar. Il est de l’intérêt de la France que les Anglois gardent Gibraltar, qui les brouillera toujours.