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  • La Rivière du Ponant est extrêmement à sa bienséance. Par le moyen de Savone, il pourroit faire même commerce que Gênes, et Gênes viendroit presque à rien. Mais elle s’en dédommageant par la puissance nouvelle. Si les États de Sardaigne et 3 de Corse devenoient puissants, ce seroit l’intérêt du prince qui possèderoit la Savoye et le Piémont : les princes les moins puissants ne se soutenant mieux que lorsque la puissance en Europe est plus partagée. 1o
  • Il ne doit point craindre de perdre le titre de roi, ayant déjà celui de roi de Chypre, qui lui en donnoit déjà les honneurs dans l’Europe, et il ne faut pas douter qu’augmentant sa puissance on disputât les honneurs*. 15

1569 (314.I, p. 332). — La Sardaigne sera toujours un misérable royaume entre les mains d’un prince chez qui elle ne sera que l’accessoire : en cas de guerre, occupée ou défendue avec de grande diminution de forces’. *°

D’autre part, quels avantages les Vénitiens ont-ils tirés de leur Morée ?

1570 (315. I, p. 332). — Charles-Emmanuel prit la Rivière du Ponant.

1. Tite-Live (livre X, IV* décade) dit : « On donna en Sardaigne plusieurs combats contre les Iliens, peuples qui ne sont pas, encore aujourd’hui, ni vaincus, ni assujettis de tous côtés. » (Page 3o4.)

Ce qui a fait la misère de ce royaume, c’est qu’il a toujours dépendu presque d’une puissance étrangère.