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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/97

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CHAPITRE XVII.


DE LA GRÈCE ET DU NOMBRE DE SES HABITANTS.


Cet effet, qui tient à des causes physiques [1] dans de certains pays d’Orient, la nature du gouvernement le produisit dans la Grèce. Les Grecs étoient une grande nation, composée de villes qui avoient chacune leur gouvernement et leurs lois. Elles n’étoient pas plus conquérantes que celles de Suisse, de Hollande et d’Allemagne ne le sont aujourd’hui. Dans chaque république, le législateur avoit eu pour objet le bonheur des citoyens au dedans, et une puissance au dehors qui ne fût pas inférieure à celle des villes voisines [2]. Avec un petit territoire et une grande félicité, il étoit facile que le nombre des citoyens augmentât et leur devint à charge : aussi firent-ils sans cesse des [3] colonies ; ils se vendirent pour la guerre, comme les Suisses font aujourd’hui : rien ne fut négligé de ce qui pouvoit empêcher la trop grande multiplication des enfants.

Il y avoit chez eux des républiques dont la constitution étoit singulière. Des peuples soumis étoient obligés de fournir la subsistance aux citoyens : les Lacédémoniens étoient nourris par les Ilotes ; les Cretois, par les Périéciens ; les Thessaliens, par les Pénestes. Il ne devoit y

  1. A. B. Cet effet que les causes physiques font naître dans, etc.
  2. Par la valeur, la discipline et les exercices militaires. (M.)
  3. Les Gaulois, qui étoient dans le même cas, firent de même. (M.)