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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/51

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LIVRE XXII, CHAP. XIII.


blissement continua ; et, sous Galien [1], on ne voyoit plus que du cuivre argenté.

On sent que ces opérations violentes ne sauroient avoir lieu dans ces temps-ci ; un prince se tromperoit lui-même, et ne tromperoit personne. Le change a appris au banquier à comparer toutes les monnoies du monde, et à les mettre à leur juste valeur ; le titre des monnoies ne peut plus être un secret. Si un prince commence le billon, tout le monde continue, et le fait pour lui ; les espèces fortes sortent d’abord, et on les lui renvoie foibles. Si, comme les empereurs romains, il affoiblissoit l’argent sans affoiblir l’or, il verroit tout à coup disparoitre l’or, et il seroit réduit à son mauvais argent. Le change, comme j’ai dit au livre précédent [2], a ôté les grands coups d’autorité, ou du moins le succès des grands coups d’autorité [3].

  1. Idem, Ibid, (M.)
  2. Chap. XXI. (M.)
  3. Voilà un passage qu'on pourroit appliquer à l'ôtat de la monnoie dans certaines provinces d’Allemagne, écrivoit Luzac en 1767.
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