Ouvrir le menu principal

Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/472

Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE XVII.


DU SERVICE MILITAIRE DES HOMMES LIBRES


Deux sortes de gens étoient tenus au service militaire : les leudes vassaux ou arrière-vassaux, qui y étoient obligés en conséquence de leur fief ; et les hommes libres, Francs, Romains et Gaulois, qui servoient sous le comte, et étoient menés par lui et ses officiers.

On appeloit hommes libres ceux qui, d’un côté, n'avoient point de bénéfices ou fiefs, et qui, de l'autre, n’étoient point soumis à la servitude de la glèbe ; les terres qu’ils possédoient étoient ce qu’on appeloit des terres allodiales.

Les comtes assembloient les hommes libres, et les menoient à la guerre [1] : ils avoient sous eux des officiers qu’ils appeloient vicaires [2] ; et, comme tous les hommes libres étoient divisés en centaines, qui formoient ce que l'on appeloit un bourg, les comtes avoient encore sous eux des officiers qu’on appeloit centeniers, qui menoient les hommes libres du bourg, ou leurs centaines, à la guerre [3].

Cette division par centaines est postérieure à l’établissement des Francs dans les Gaules. Elle fut faite par Clo-

  1. Voyez le capitulaire de Charlemagne, de l'an 812, art. 3 et 4, édit. de Baluse, tome I, p. 491, et l'édit de Pistes, de l’an 864, art. 26, tome II, p. 186. (M.)
  2. Et habebat unusquisque cornes vicarios et centenarios secum. Liv. II des Capitulaires, art. 28. (M.)
  3. On les appeloit compagences. (M.)