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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/455

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CHAPITRE XII.


QUE LES TERRES DU PARTAGE DES BARBARES
ME PAYOIENT POINT DE TRIBUTS.


Des peuples simples, pauvres, libres, guerriers, pasteurs, qui vivoient sans industrie, et ne tenoient à leurs terres que par des cases de jonc [1], suivoient des chefs pour faire du butin, et non pas pour payer ou lever des tributs. L’art de la maltôte est toujours inventé après coup, et lorsque les hommes commencent à jouir de la félicité des autres arts.

Le tribut [2] passager d’une cruche de vin par arpent, qui fut une des vexations de Chilpéric et de Frédégonde, ne concerna que les Romains. En effet, ce ne furent pas les Francs qui déchirèrent les rôles de ces taxes, mais les ecclésiastiques, qui, dans ces temps-là, étoient tous Romains [3]. Ce tribut affligea principalement les habitants des villes [4] : or, les villes étoient presque toutes habitées par des Romains.

  1. Voyez Grégoire de Tours, liv. II. (M.)
  2. Ibid., liv. V, c. XXVIII. (M.)
  3. Cela paroît par toute l’Histoire de Grégoire de Tours. Le même Grégoire demande à un certain Valflilacus comment il avoit pu parvenir à la cléricature, lui qui étoit Lombard d’origine. Grégoire de Tours, liv. VIII, c. XXXVI. (M.)
  4. Quœ conditio unversis urbibus per Galliam constitutis summopere est adhibita. Vie de S. Aridius. (M.)