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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/434

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CHAPITRE II.


DES SOURCES DES LOIS FÉODALES.


Les peuples qui conquirent l’empire romain étoient sortis de la Germanie. Quoique peu d’auteurs anciens nous aient décrit leurs mœurs, nous en avons deux qui sont d’un très-grand poids. César, faisant la guerre aux Germains, décrit les mœurs des Germains [1] ; et c’est sur ces mœurs qu’il a réglé quelques-unes de ses entreprises [2]. Quelques pages de César sur cette matière sont des volumes.

Tacite fait un ouvrage exprès sur les mœurs des Germains. Il est court, cet ouvrage ; mais c’est l’ouvrage de Tacite, qui abrégeoit tout, parce qu’il voyoit tout.

Ces deux auteurs se trouvent dans un tel concert avec les codes des lois des peuples barbares que nous avons, qu’en lisant César et Tacite on trouve partout ces codes, et qu’en lisant ces codes on trouve partout César et Tacite.

Que si, dans la recherche des lois féodales, je me vois dans un labyrinthe obscur, plein de routes et de détours, je crois que je tiens le bout du fil [3], et que je puis marcher.

  1. Liv. IV. (M.)
  2. Par exemple, sa retraite d’Allemagne [de Germanie], ibid. (M.)
  3. A. B. Je crois tenir le bout du fil, etc.