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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/431

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LIVRE TRENTIÈME.


THÉORIE DES LOIS FÉODALES CHEZ LES FRANCS
DANS LE RAPPORT QU’ELLES ONT
AVEC L’ÉTABLISSEMENT DE LA MONARCHIE. [1]
___________


CHAPITRE PREMIER.


DES LOIS FÉODALES.


Je croirois qu’il y auroit une imperfection dans mon ouvrage, si je passois sous silence un événement arrivé une fois dans le monde, et qui n’arrivera peut-être jamais ;

  1. Ces deux derniers livres sur les lois féodales furent accueillis froidement par les contemporains. « Parmi les gens de goût, écrivait Garât (Mercure de France du 6 août 1784), il en est peu qui aient eu le courage de lire cette dernière partie, et ceux qui l'ont lue se plaignent de n'avoir pu l'entendre. Il falloit conduire peu à peu le lecteur dans les routes ténébreuses de ces siècles reculés, lier tous les faits, expliquer tous les mots de ces lois dont on n’entend plus la langue, suppléer aux monuments qui manquent par des développements étendus de ceux qui nous restent ; il ne falloit rien supprimer, rien franchir ; mais cette méthode étoit opposée au génie de Montesquieu. Occupé à découvrir, il ne l'est jamais à démontrer, on diroit qu'il ne songe jamais qu’on doit le lire, ou qu’il suppose que tous ses lecteurs ont son génie. Un mélange continuel de fragments de lois barbares et de pensées courtes et détachées, de textes obscurs et de commentaires profonds, fatigue l’attention la plus forte, et fait fermer le livre à chaque instant. Des traits lumineux, des expressions d’un grand éclat vous