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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/405

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CHAPITRE VIII.


QUE LES LOIS QUI PAROISSENT LES MÊMES N’ONT PAS
TOUJOURS SUR LE MÊME MOTIF.


On reçoit en France la plupart des lois des Romains sur les substitutions ; mais les substitutions y ont tout un autre motif que chez les Romains. Chez ceux-ci, l’hérédité étoit jointe à de certains [1] sacrifices qui dévoient être faits par l’héritier, et qui étoient réglés par le droit des pontifes. Cela fit qu’ils tinrent à déshonneur de mourir sans héritier, qu’ils prirent pour héritiers leurs esclaves, et qu’ils inventèrent les substitutions. La substitution vulgaire, qui fut la première inventée, et qui n’avoit lieu que dans le cas où l’héritier institué n’accepteroit pas l’hérédité, en est une grande preuve : elle n’avoit point pour objet de perpétuer l’héritage dans une famille du même nom, mais de trouver quelqu’un qui acceptât l’héritage [2].

  1. Lorsque l'hérédité étoit trop chargée, on éludoit le droit des pontifes par de certaines ventes : d'où vint le mot sine sacris hœreditas. (M.)
  2. Elle avait pour objet de perpétuer la famille, par le maintien du culte domestique.
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