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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/395

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LIVRE VINGT-NEUVIÈME.


DE LA MANIÈRE DE COMPOSER LES LOIS.
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CHAPITRE PREMIER


DE L'ESPRIT DU LÉGISLATEUR.


Je le dis, et il me semble que je n’ai fait cet ouvrage que pour le prouver : l’esprit de modération doit être celui du législateur [1] ; le bien politique, comme le bien moral , se trouve toujours entre deux limites [2]. En voici l’exemple [3].

Les formalités de la justice sont nécessaires à la liberté [4]. Mais le nombre en pourroit être si grand qu’il choqueroit le but des lois mêmes qui les auroient établies : les affaires n’auroient point de fîn : la propriété des biens resteroit incertaine ; on donneroit à l’une des parties le bien de l’autre sans examen, ou on les ruineroit toutes les deux à force d’examiner.

  1. Sup. XXII, XXII à la fin, et XXVIII, XLI.
  2. C'est la théorie d'Aristote, dans sa Morale et sa Politique
  3. A. B. En voici un exemple.
  4. Sup. VI, II.