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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/373

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LIVRE XXVIII, CHAP. XXXVIII.


vrage de jurisprudence [1] que nous appelons les Établissements. Il est dit, dans le titre de cet ouvrage , qu’il est fait selon l'usage de Paris, et d’Orléans, et de cour de baronie ; et, dans le prologue , qu’il y est traité des usages de tout le royaume, et d’Anjou, et de cour de baronie. Il est visible que cet ouvrage fut fait pour Paris, Orléans et Anjou, comme les ouvrages de Beaumanoir et de Défontaines furent faits pour les comtés de Clermont et de Vermandois : et, comme il paroit par Beaumanoir que plusieurs lois de saint Louis a voient pénétré dans les cours de baronie, le compilateur a eu quelque raison de dire que son ouvrage [2] regardoit aussi les cours de baronie.

Il est clair que celui qui fit cet ouvrage compila les coutumes du pays avec les lois et les Établissements de saint Louis [3]. Cet ouvrage est très-précieux, parce qu’il

  1. A. B. que quelques. baillis, je crois, firent l'ouvrage de jurisprudence, etc.
  2. Il n’y a rien de si vague que le titre et le prologue de ces Établissements qui ont été sans doute ajoutés depuis (a). D'abord ce sont les usages de Paris et d’Orléans, et de cour de baronie : ensuite ce sont les usages de tontes les cours laies du royaume, et de la prévôté de France ; ensuite ce sont les usages de tout le royaume, et d’Anjou, et de cour de baronie. (M.)
  3. A. B. Je crois que saint Louis fit commencer cet ouvrage et qu'il fut fini par son successeur ; et que l'un ou l’autre prince, ou tous les deux, firent rédiger par écrit quelques coutumes de leurs domaines, et, parce qu’on y confondoit les lois qui venoient d’être faites par saint Louis, on nomma cet ouvrage les Établissement de saint Louis. En effet, un si grand nom devoit donner bien de la faveur à l’ouvrage. On donna tout cela sous une forme générale, et tout ce procédé étoit un grand trait de prudence. En les faisant rédiger par écrit, on en étendoit la connoissance ; en leur donnant une forme générale, on en étendoit l’usage. Les lois du royaume n’étoient pour lors que les coutumes de chaque lieu, retenues dans la mémoire des vieillards. Dans cette insuffisance générale, chacun pouvoit trouver dans ce nouveau Code ce qui manquoit à ses lois ; c’étoit une source où tout le monde pouvoit puiser. La différence de cet ouvrage, etc.

    (a) Les mots en italique sont dans A. B.