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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/370

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DE L’ESPRIT DES LOIS.


de Nesle ; et, en cas de mort, Philippe, évoque d’Évreux ; et Jean, comte de Ponthieu. On a vu ci-dessus, [1] que le comte de Ponthieu s’opposa dans sa seigneurie à l’exécution d’un nouvel ordre judiciaire [2].

Je dis, en troisième lieu, qu’il y a grande apparence que le code que nous avons est une chose différente des Établissements de saint Louis sur l'ordre judiciaire [3]. Ce code cite les Établissements : il est donc un ouvrage sur les Établissements, et non pas les Établissements. De plus, Beaumanoir, qui parle souvent des Établissements de saint Louis, ne cite que des Établissements particuliers de ce prince, et non pas cette compilation des Établissements. Défontaines [4], qui écrivoit sous ce prince, nous parle des deux premières fois que l’on exécuta ses Établissements sur l’ordre judiciaire, comme d’une chose reculée. Les Établissements de saint Louis étoient donc antérieurs à la compilation dont je parle, qui, à la rigueur, et en adoptant les prologues erronés mis par quelques ignorants à la tête de cet ouvrage, n’auroit paru que la dernière année de la vie de saint Louis, ou même après la mort de ce prince.

  1. Voyez ci-dessus le chap. XXIX. (M.)
  2. C'est Défontaines qui rapporte ce fait. (M.)
  3. Le mot Établissement est pris au temps de saint Louis comme synonyme de Lois et Ordonnances.
  4. Voyez ci-dessus le chap. XXIX. (M.)
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