Ouvrir le menu principal

Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/33

Cette page n’a pas encore été corrigée



CHAPITRE X.


DU CHANGE.


C’est l’abondance et la rareté relative des monnoies des divers pays, qui forment ce qu’on appelle le change.

Le change est une fixation de la valeur actuelle et momentanée des monnoies.

L’argent, comme métal, a une valeur comme toutes les autres marchandises ; et il a encore une valeur qui vient de ce qu’il est capable de devenir le signe des autres marchandises ; et s’il n’étoit qu’une simple marchandise, il ne faut pas douter qu’il ne perdit beaucoup de son prix [1].

L’argent, comme monnoie, a une valeur que le prince peut fixer dans quelques rapports, et qu’il ne sauroit fixer dans d’autres.

Le prince établit une proportion entre une quantité d’argent comme métal, et la meme quantité comme monnoie ; 2° il fixe celle qui est entre divers métaux employés à la monnoie ; 3° il établit le poids et le titre de chaque pièce de monnoie. Enfin il donne à chaque pièce cette valeur idéale dont j’ai parlé [2]. J’appellerai la valeur de la monnoie, dans ces quatre rapports : valeur positive parce qu’elle peut être fixée par une loi.

  1. Il est permis d'en douter. Le lingot en Chine a la même valeur que chez nous l'argent monnoyé.
  2. Sup. XXII, C. III.