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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/314

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DE L’ESPRIT DES LOIS.


mal restoit toujours, il fallut en venir au remède dont je viens de parler.

Je trouve qu’avant ce temps-là, dans des assemblées générales tenues par Charlemagne, la nation lui représenta [1] que dans l'état des choses, il étoit très-difficile que l’accusateur ou l’accusé ne se parjurassent, et qu’il valoit mieux rétablir le combat judiciaire ; ce qu’il fit.

L’usage du combat judiciaire s’étendit chez les Bourguignons, et celui du serment y fut borné. Théodoric, roi d’Italie, abolit le combat singulier chez les Ostrogoths [2] : les lois de Chaindasuinde et de Récessuinde semblent en avoir voulu ôter jusqu’à l’idée. Mais ces lois furent si peu reçues dans la Narbonnoise [3], que le combat y étoit regardé comme une prérogative des Goths [4].

Les Lombards qui conquirent l’Italie après la destruction des Ostrogoths par les Grecs, y rapportèrent l’usage du combat [5] : mais leurs premières lois le restreignirent [6] Charlemagne [7], Louis le Débonnaire, les Othons, firent

  1. Loi des Lombards, liv. II, tit LV, § 23. (M.)
  2. Voyez Cassiodore, liv. III, lett. 23 et 24. (M.)
  3. In palatio quoque Bera comes Barcinonensis, cum impeteretur a quodam vocato Sunila, et infidelitatis argueretur, cum eodem serundum legem propriam, utpote quia uterque Gothus erat, equestri prœlio congressus est et victus. — L’auteur incertain de la Vie de Louis le Débonnaire. — (M.) a.
  4. ; A. B. rédigent ainsi cette dernière phrase : Chez les Goths, les lois de Chindasuinde et de Récessuinde ne laissèrent aucun vestige du combat singulier, les ecclésiastiques gênèrent cette coutume. Dans la suite ces peuples firent cesser la violence qu’on leur faisoit à cet égard.
  5. A. B. Les premiers rois des Lombards restreignirent l'usage du combat. Charlemagne, etc.
  6. Voyez, dans la loi des Lombards, le liv. I, tit. IV et tit. IX, § 23 ; et liv. II, tit XXV, § 4 et 5 ; et tit. LV, § 1, 2 et 3 : les règlements de Rotharis et au § 15, celui de Luitprand. (M.)
  7. Ibid., liv. II, tit. LV, § 23. (M.)

    a. B. disent : Je ne sais plus d’où j’ai tiré ce passage. (M.)