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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/295

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CHAPITRE XI.


AUTRES CAUSES DE LA CHUTE
DES CODES DES LOIS DES BARBARES, DU DROIT ROMAIN,
ET DES CAPITULAIRES.


Lorsque les nations germaines conquirent l’empire romain, elles y trouvèrent l’usage de l’écriture ; et, à l’imitation des Romains, elles rédigèrent leurs usages [1] par écrit, et en firent des codes. Les règnes malheureux qui suivirent celui de Charlemagne, les invasions des Normands, les guerres intestines, replongèrent les nations victorieuses dans les ténèbres dont elles étoient sorties ; on ne sut plus lire ni écrire. Cela fit oublier en France et en Allemagne les lois barbares écrites, le droit romain, et les capitulaires. L’usage de l’écriture se conserva mieux en Italie, où régnoient les papes et les empereurs grecs, et où il y avoit des villes florissantes, et presque le seul commerce qui se fit pour lors. Ce voisinage de l’Italie fit que le droit romain se conserva mieux dans les contrées de la Gaule autrefois soumises aux Goths et aux Bourguignons, d’autant plus que ce droit y étoit une loi territo-

  1. Cela est marqué expressément dans quelques prologues de ces codes. On voit même dans les lois dos Saxons et des Frisons des dispositions différentes, selon les divers districts. On ajouta à ces usages quelques dispositions particulières que les circonstances exigèrent ; telles furent les lois dures contre les Saxons. (M.)