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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/271

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LIVRE XXVIII, CHAPITRE I.


ric [1], roi d’Austrasie, les fit mettre par écrit. Il recueillit [2] de même les usages des Bavarois et des Allemands qui dépendoient de son royaume. Car la Germanie étant afloiblie par la sortie de tant de peuples, les Francs, après avoir conquis devant eux, avoient fait un pas en arrière, et porté leur domination dans les forêts de leurs pères. Il y a apparence que le code [3] des Thuringiens fut donné par le même Tbéodoric, puisque les Thuringiens étoient aussi ses sujets. Les Frisons ayant été soumis par Charles-Martel et Pépin, leur [4] loi n’est pas antérieure à ces princes. Charlemagne, qui, le premier, dompta les Saxons, leur donna la loi que nous avons. Il n’y a qu’à lire ces deux derniers codes pour voir qu’ils sortent des mains des vainqueurs. Les Wisigoths, les Bourguignons et les Lombards ayant fondé des royaumes, firent écrire leurs lois, non pas pour faire suivre leurs usages aux peuples vaincus, mais pour les suivre eux-mêmes.

Il y a dans les lois saliques et ripuaires, dans celles des Allemands, des Bavarois, des Thuringiens et des Frisons, une simplicité admirable : on y trouve une rudesse originale et un esprit qui n’avoit point été affoibli par un autre esprit. Elles changèrent peu, parce que ces peuples, si on en excepte les Francs, restèrent dans la Germanie. Les Francs même y fondèrent une grande partie de leur empire : ainsi leurs lois furent toutes germaines. Il n’en fut pas de même des lois des Wisigoths, des Lombards et des Bourguignons ; elles perdirent beaucoup de leur carac-

  1. Voyez le prologue de la loi des Bavarois et celai de la loi salique. (M.)
  2. Ibid. (M.)
  3. Lex Angliorum Werinorum, hoc est, Thuringorum, (M.)
  4. Ils ne savoient point écrire. (M.)