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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/24

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CHAPITRE IV.


DE LA QUANTITÉ DE L’OR ET DE ARGENT.


Lorsque les nations policées sont les maîtresses du monde, l'or et l’argent augmentent tous les jours, soit qu’elles le tirent de chez elles, soit qu’elles l’aillent chercher là où il est. Il diminue, au contraire, lorsque les nations barbares prennent le dessus. On sait quelle fut la rareté de ces métaux, lorsque les Goths et les Vandales, d’un côté, les Sarrasins et les Tartares, de l’autre, eurent tout envahi [1].

  1. Les Germains, les Sarrasins, les Tartares, pillaient les richesses acquises, détruisaient l'industrie, et, ne travaillant pas, ne produisaient rien. Il était forcé que l'or et l'argent disparussent, soit qu'on les cachât par frayeur, soit qu'on les exportât pour acheter au dehors les nécessités de la vie.
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