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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/222

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DE L’ESPRIT DES LOIS.

La loi de Justinien [1] qui mit parmi les causes de divorce le consentement du mari et de la femme d’entrer dans le monastère, s’éloignoit entièrement des principes des lois civiles. II est naturel que des causes de divorce tirent leur origine de certains empêchements qu’on ne devoit pas prévoir avant le mariage ; mais ce désir de garder la chasteté pouvoit être prévu, puisqu’il est en nous. Cette loi favorise l’inconstance dans un état qui, de sa nature, est perpétuel ; elle choque le principe fondamental du divorce, qui ne souffre la dissolution d’un mariage que dans l’espérance d’un autre [2] ; enfin, à suivre même les idées religieuses, elle ne fait que donner des victimes à Dieu sans sacrifice.

  1. Auth. Quod hodie ; Cod. de repud. (M.)
  2. Les lois romaines favorisaient les secondes noces, mais c’est aller un peu loin que d'ériger l'espérance d’un nouveau mariage en principe fondamental du divorce, même chez les Romains.
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