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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/17

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DE
L’ESPRIT DES LOIS
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QUATRIÈME PARTIE
(SUITE)


LIVRE VINGT-DEUXIÈME.


DES LOIS DANS LE RAPPORT
QU'ELLES ONT AVEC L'USAGE DE LA MONNOIE.
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CHAPITRE PREMIER.


RAISON DE L'USAGE DE LA MONNOIE.


Les peuples qui ont peu de marchandises pour le commerce, comme les sauvages, et les peuples policés qui n’en ont que de deux ou trois espèces, négocient par échange. Ainsi les caravanes de Maures qui vont à Tombouctou, dans le fond de l’Afrique, troquer du sel contre de l’or, n’ont pas besoin de monnoie. Le Maure met son sel dans un monceau ; le Nègre, sa poudre dans un autre : s’il n’y a pas assez d’or, le Maure retranche de son sel, ou le Nègre ajoute de son or, jusqu’à ce que les parties conviennent [1]

  1. Hérodote, liv. IV, C. CXCVI, nous dit la même chose du commerce des Carthaginois avec certains peuples d’Afrique.