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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/167

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LIVRE XXIV, CHAP. XXIII.


la suppression des fêtes convenoit donc plus aux pays protestants qu’aux pays catholiques [1].

Dampierre [2] remarque que les divertissements des peuples varient beaucoup selon les climats. Comme les climats chauds produisent quantité de fruits délicats, les Barbares, qui trouvent d’abord le nécessaire, emploient plus de temps à se divertir : les Indiens des pays froids [3] n’ont pas tant de loisir ; il faut qu’ils pèchent et chassent continuellement : il y a donc chez eux moins de danses, de musique et de festins ; et une religion qui s’établiroit chez ces peuples, devroit avoir égard à cela dans l’institution des fêtes.

  1. Au siècle dernier on calculait que dans les pays protestants il y avait par an cinquante Jours de travail de plus que dans les pays catholiques. Mais aujourd’hui les lois civiles ont singulièrement réduit le nombre des jours fériés dans les États catholiques.
  2. Nouveaux Voyages autour du monde, tome II. (M.)
  3. C’est-à-dire les Indiens de l'Amérique du Nord.
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