Ouvrir le menu principal

Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/155

Cette page n’a pas encore été corrigée


CHAPITRE XV.


COMMENT LES LOIS CIVILES CORRIGENT QUELQUEFOIS
LES FAUSSES RELIGIONS.


Le respect pour les choses anciennes, la simplicité ou la superstition, ont quelquefois établi des mystères ou des cérémonies qui pouvoient choquer la pudeur ; et de cela les exemples n’ont pas été rares dans le monde. Aristote [1] dit que, dans ce cas, la loi permet que les pères de famille aillent au temple célébrer ces mystères pour leurs femmes et pour leurs enfants. Loi civile admirable, qui conserve les mœurs contre la religion !

Auguste [2] défendit aux jeunes gens de l’un et de l’autre sexe d’assister à aucune cérémonie nocturne, s’ils n’étoient accompagnés d’un parent plus âgé ; et lorsqu’il rétablit les fêtes [3] lupercales, il ne voulut pas que les jeunes gens courussent nus.

  1. Polit., liv. VII., ch. XVII. (M.)
  2. Suétone, in Augusto, ch. XXXI. (M.)
  3. Ibid. (M.)
    _____________