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Page:Montesquieu - Œuvres complètes, éd. Laboulaye, t5.djvu/138

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CHAPITRE IV.


CONSÉQUENCES DU CARACTÈRE
DE LA RELIGION CHRÉTIENNE ET DE CELUI
DE LA RELIGION MAHOMÉTANE.


Sur le caractère de la religion chrétienne et celui de la mahométane, on doit, sans autre examen, embrasser l’une et rejeter l’autre : car il nous est bien plus évident qu’une religion doit adoucir les mœurs des hommes, qu’il ne l’est qu’une religion soit vraie.

C’est un malheur pour la nature humaine, lorsque la religion est donnée par un conquérant. La religion mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet esprit destructeur qui l’a fondée.

L’histoire de Sabbacon [1], un des rois pasteurs, est admirable. Le dieu de Thèbes lui apparut en songe, et lui ordonna de faire mourir tous les prêtres D’Égypte. Il jugea que les dieux n’avoient plus pour agréable qu’il régnât, puisqu’ils lui ordonnoient des choses si contraires à leur volonté ordinaire ; et il se retira en Ethiopie.

  1. Voyez Diodore, liv. I, ch. XVIII. (M.)
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