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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/94

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Ce qui confirma tous les soupçons, c’est que le rapport de M. Portalis fut le seul des rapports des présidents des jurys d’agrégation qui ne fut pas publié. Une note de la Revue de l’instruction publique annonça qu’il était fort long, et, qu’en tout état de cause, la première partie seule serait rendue publique[1]. Il n’est pas sans intérêt de rétablir sur ces divers points l’exacte vérité. Non seulement M. Cousin n’était pour rien dans l’échec de Taine, mais il s’en montra fort mécontent. Il était assez clairvoyant pour pressentir qu’une réaction se préparait contre l’éclectisme et pour deviner un redoutable adversaire dans ce jeune homme aussi absorbé dans ses spéculations qu’avaient pu l’être Descartes ou Spinoza. M. Aubé, malgré la malice trop réelle de ses questions, n’avait pas davantage causé l’échec de son camarade, car Taine avait eu la note maximum 20 pour sa leçon et son argumentation sur Bossuet. La vérité est que ses juges avaient sincèrement

  1. Ce rapport n’a pu être retrouvé ni au ministère de l’Instruction publique, ni aux Archives nationales ; les dossiers de Taine ont également disparu. On trouvera, dans le beau livre de M. Griard sur Prévost-Paradol (Paris, 1894), une lettre de Paradol du 7 septembre 1851, où il raconte en détail les péripéties de l’examen, et une protestation contré le jugement du jury parue dans la Liberté de Penser, t. VIII, p. 600.