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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/87

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étudier en outre les sciences sociales, l’économie politique et les sciences physiques ; mais ce qui me coûte le plus de temps, ce sont les réflexions personnelles ; pour comprendre, il faut trouver ; pour croire à la philosophie, il faut la refaire soi-même, sauf à trouver ce qu’ont déjà découvert les autres. »

On s’étonne que sa santé, toujours délicate, ait pu résister à un pareil surmenage. Ses lectures étaient prodigieuses. Il dévorait Platon, Aristote, les Pères de l’Église, les scolastiques, et toutes ses lectures étaient analysées, résumées, classifiées. Bien qu’à cette époque les élèves de philosophie fussent dispensés de suivre les conférences d’histoire en seconde année, Taine non seulement les suivait, mais encore apportait à M. Filon un travail approfondi sur les Décrets du Concile de Trente. Possédant déjà à fond l’anglais, il s’était mis avec ardeur à l’allemand, pour lire Hegel dans le texte. Dans ses délassements mêmes, l’étude et la réflexion avaient leur part. En causant avec ses camarades, il analysait leur caractère et leur manière de penser ; « il nous exprimait comme des oranges », m’a dit l’un d’eux. Il faisait de fréquentes visites à l’infirmerie, où