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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/333

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fait celle des sensations », et tout ce qui suit, p. 265 et suivantes.

Bien loin que la seconde période de la vie de Michelet ait été en contradiction avec la première, c’est alors seulement qu’il a réalisé dans sa vie et dans ses livres, tous les rêves de sa jeunesse, alors qu’il a eu une femme « compagne de sa pensée et de ses travaux », alors qu’il s’est arraché « à la sauvage histoire de l’homme », pour revenir aux pensées philosophiques et religieuses et à la nature, c’est-à-dire à Dieu.

Il indique dès la première heure la source de toutes ses inspirations : « Le cœur est le plus souvent, chez moi, le point de départ de mes pensées. Il féconde mon esprit. » Sensibilité qui n’a rien d’égoïste, qui est tout amour des hommes : « Ne laissons voir de nos larmes que celles qui tombent sur les maux d’autrui. Ce sont les seules qui soient fécondes. » À l’amour des hommes, il faut joindre l’amour de la nature ; mais l’amour de la nature n’est pour Michelet qu’une expansion au dehors de sa sensibilité intérieure. Il aime les animaux comme il aime les faibles, les infirmes. Un paysage est pour lui en état d’âme comme pour Amiel. Il mêle la nature à toutes ses émotions : « Rien de la nature ne m’est indiff