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es, pour y prendre moins la connaissance de la philosophie que l’esprit philosophique. Les lectures historiques, peu nombreuses tout d’abord, ne deviennent abondantes que lorsque sa nomination de professeur à Charlemagne l’a délivré de la servitude de l’institution Briand, et que sa vocation d’historien commence à l’entraîner des idées générales sur la civilisation et l’humanité à l’étude d’époques particulières. Les philosophes, la Bible, les mathématiques et l’antiquité, l’antiquité surtout, tels furent ses maîtres, auxquels il faut joindre, il est vrai, la nature. Il ne sut jamais ce que voulait dire la querelle des romantiques et des classiques ; car les auteurs anciens étaient pour lui les vrais disciples de la nature et il voyait dans l’antiquité non des formes à copier, mais une âme dont on s’inspire.

Ce qui est peut-être plus remarquable encore que la méthode apportée par Michelet dans son travail et ses lectures, c’est la sagesse avec laquelle il se refuse à toute production hâtive, malgré le besoin d’argent qui le presse. Il aime mieux user sa santé à donner des leçons que de gaspiller son talent, de vulgariser son style dans le journalisme ; il renonce à un projet de recueil de discours des orateurs