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négligé. Il voudrait que les jeunes gens de la bourgeoisie se fissent les apôtres de l’union entre les classes en s’occupant de l’instruction populaire, que les écoles, devenues écoles libres, dépendant seulement des communes, fussent à tous les degrés de l’enseignement accessibles à tous les jeunes gens sans distinction de fortune d’après le mérite seul ; enfin que la commune jouât dans la vie nationale un rôle beaucoup plus grand qu’aujourd’hui, que chacun consacrât à l’association communale le meilleur de ses forces. Il faisait à cet égard de beaux rêves. Il imaginait une société où l’enseignement serait la fonction de tous ou presque tous, « où l’on profiterait de l’élan du jeune homme, du recueillement du vieillard, de la flamme de l’un, de la lumière de l’autre ». Il désirait surtout que l’on créât des fêtes populaires, des fêtes nationales, même des fêtes internationales « qui dilatent le cœur », qui enseignent le patriotisme, la fraternité, des fêtes semblables à celles de la Grèce. Comme il avait été le premier à retrouver et à raconter ce qu’avaient été les fédérations en 1790, il gardait l’espoir de voir un jour jaillir du cœur des peuples des fêtes exerçant une action morale sur ceux qui y prendraient part.