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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/297

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présentes, j’ai gardé l’impression du travail, d’une vie âpre et laborieuse, je suis resté peuple. » Cet amour de la jeunesse et cet amour du peuple, unis à l’amour de la France, ont été l’inspiration même de sa vie, et c’est pour cela qu’il a été essentiellement un éducateur. « Quelle est, dit-il, la première partie de la politique ? L’éducation. La seconde ? L’éducation. Et la troisième ? L’éducation. » S’il a écrit l’Histoire de France, c’est pour donner à la jeunesse et à la nation une conscience plus nette de la patrie, pour enseigner la patrie « comme dogme et principe, puis comme légende. » La patrie était en effet pour lui une religion, celle du dévouement et de la fraternité. Il se regardait comme le révélateur de l’âme de la France, « de son génie pacifique et vraiment humain. » -- « Que ce soit là ma part dans l’avenir d’avoir, non pas atteint, mais marqué le but de l’histoire… Thierry y voyait une narration et M. Guizot une analyse. Je l’ai nommée résurrection et ce nom lui restera. » Grâce en effet à une érudition solide et à une imagination d’une puissance et d’une fraîcheur incomparables, il a fait vraiment revivre la France du moyen âge, et surtout il a réussi par la force de sa sympathie