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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/250

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II


L’HOMME ET L’ŒUVRE


Il suffisait de voir Michelet pour reconnaître que le système nerveux et le développement cérébral l’avaient entièrement emporté chez lui sur le reste du développement physique. On oubliait qu’il eût un corps, tant il était maigre et chétif, et l’on ne voyait que sa belle tête, trop grande, il est vrai, pour sa petite taille, et qu’on eût dit sculptée par son esprit, car elle en était la vivante image. Le haut du visage était admirable de noblesse et de majesté. Son vaste front, encadré de longs cheveux blancs, ses yeux pleins de flamme en même temps que de bonté disaient sa poésie, son