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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/219

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pour le moyen âge et les temps modernes. C’est de ce dernier enseignement que Michelet fut chargé et c’est de ses nouveaux cours que sortit son histoire de France.

Cette période d’enseignement à l’École normale qui dura jusqu’à 1836 et à laquelle Michelet ajouta encore la suppléance de Guizot à la Sorbonne en 1834 et 1835, fut peut-être la plus heureuse période de sa vie et fut à coup sûr la plus féconde. Marié en 1824 vivant dans une studieuse solitude, où pénétraient quelques rares amis, tels qu’Eugène Burnouf et le physiologiste Edwards, ses fonctions de professeur aux Tuileries, d’abord de la princesse Louise, fille de la duchesse de Berry, puis de la princesse Clémentine, fille de Louis Philippe, ne faisaient pas de lui un mondain. Il vivait pour ses élèves et ils éprouvaient pour lui un enthousiasme mêlé de tendresse. Il aimait plus tard à raconter les joies de cet enseignement ; comment, au fort de l’hiver, il descendait la rue Saint-Jacques, en frac noir et en escarpins, sans paletot pour se couvrir, mais insensible au froid et à la bise « tant était ardente, disait-il, la flamme intérieure ». Ceux qui ont eu le privilège de l’entendre alors ont gardé le souvenir ineffaçable