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tenir lieu d’étude, et qu’on pouvait deviner l’histoire et l’âme humaine, les peindre et les décrire par à peu près. La philosophie enfin était très vite tombée dans le plus stérile bavardage, en restant étrangère au mouvement scientifique qui renouvelait à côté d’elle la science de l’homme et de la nature et les bases expérimentales de la psychologie.

Les générations qui sont arrivées à l’âge adulte vers 1850 et dans les vingt années qui ont suivi, tout en acceptant dans une large mesure l’héritage du romantisme, en rejetant comme lui les règles surannées du classicisme au nom de la liberté dans l’art, en cherchant comme lui la couleur et la vie, se sont cependant nettement séparées de lui. Au lieu de laisser le champ libre à l’imagination et au sentiment individuel, de permettre à chacun de se forger un idéal vague et tout subjectif, elles ont eu un principe commun d’art et de vie : la recherche du vrai ; non pas de ces conceptions abstraites, arbitraires et subjectives de l’esprit ou de ces rêves de l’imagination qu’on décore souvent du nom de vérité, mais du vrai objectif et démontrable cherché dans la réalité concrète, de la vérité scientifique en un mot. Cette tendance a été si générale,