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scientifique semblable à la mienne. Je ne prétends pas plus qu’eux deviner, sans l’avoir vu et disséqué, un être vivant, mais j’essaie comme eux d’indiquer les types généraux sur lesquels sont bâtis les êtres vivants, et ma méthode de construction ou de reconstruction a la même portée en même temps que les mêmes limites.

« Je tiens à mon idée parce que je la crois vraie, et capable, si elle tombe plus tard en bonnes mains, de produire de bons fruits. Elle traîne par terre depuis Montesquieu ; je l’ai ramassée, voilà tout. »

Tout en publiant ses Nouveaux Essais de critique et d’histoire (1865), il se délassait du professorat et de ses travaux de longue haleine en réunissant, dans un cadre de fantaisie, les notes qu’il avait prises depuis dix ans sur Paris et la société française. Bien que la Vie parisienne, où la Vie et opinions de Thomas Graindorge parut de 1863 à 1865[1], fût loin d’être alors ce qu’elle est devenue depuis, on eut quelque peine à reconnaître l’auteur de la Littérature anglaise sous les traits du marchand

  1. Graindorge fut publié en volume en 1868.