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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/139

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tirés de l’histoire de l’art, des idées dont la Littérature anglaise avait donné la démonstration par des exemples tirés de l’histoire littéraire.

Il caractérise admirablement sa conception de l’histoire, dans une lettre à E. Havet du 29 avril 1864 :

« Je n’ai jamais prétendu qu’il y eût en histoire ni dans les sciences morales des théorèmes analogues à ceux de la géométrie[1]. L’histoire n’est pas une science analogue à la géométrie, mais à la physiologie et à la zoologie. De même qu’il y a des rapports fixes, mais non mesurables quantitativement, entre les organes et les fonctions d’un corps vivant, de même il y a des rapports précis, mais non susceptibles d’évaluations numériques, entre les groupes de faits qui composent la vie sociale et morale. J’ai dit cela expressément dans ma préface en distinguant entre les sciences exactes et les sciences inexactes, c’est-à-dire les sciences qui se groupent autour des mathématiques et les sciences qui se groupent autour de l’histoire, toutes deux opérant sur des quantités, mais les premières sur des quantités mesurables, les secondes sur

  1. Il avait pourtant défini l’histoire « une géométrie vivante ».