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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/128

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comme un obstacle à tout progrès spéculatif. S’il donna à ces attaques une forme parfois irrespectueuse, c’est que cette doctrine lui paraissait manquer souvent de sérieux. Comme il s’agissait moins de réfuter des idées que de détruire la tyrannie d’une école et qu’il voulait se faire entendre du grand public et surtout des jeunes gens, il employait la plus redoutable des armes, l’ironie, qu’il maniait, il faut le dire, à la façon d’une catapulte plutôt que d’une fronde. Enfin, il avait vingt-sept ans, il sentait sa jeunesse et sa force et il avait besoin de les dépenser. Les Philosophes français représentent, dans la vie de M. Taine, ses folies de jeunesse. Ce fut sa manière de jeter sa gourme.

Le succès du livre fut retentissant. Taine devint célèbre du jour au lendemain. Jusque-là les seuls articles importants qui eussent été consacrés à ses écrits étaient un article d’About sur le Voyage aux Pyrénées[1], un article de Paradol[2] et deux articles de Guillaume Guizot sur le Tite-Live[3] ; mais c’étaient des articles

  1. Revue de l’Instr. publ., 29 mai 1856.
  2. Ibid, 12 juin 1856.
  3. Débats, 26 et 27 janvier 1857.