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Page:Monod - Renan, Taine, Michelet, 1894.djvu/119

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de talent, qui avait favorisé les débuts de deux camarades de Taine, Libert[1] et Paradol, qui avait recruté dans les récentes promotions de l’École normale toute une élite de collaborateurs pour sa Revue de l’Instruction publique[2], eut l’idée de lui demander d’écrire un Guide aux Pyrénées. Taine rapporta de son voyage un livre qui ne ressemblait guère à un guide, et qui était un mélange original de puissantes descriptions de nature, d’amusants croquis de mœurs rurales, d’observations satiriques sur la société des villes d’eaux, de souvenirs historiques racontés avec une verve pittoresque. De plus, sous le voyageur érudit, observateur et humoriste, on voyait partout percer le philosophe dont la forte pensée affleurait à chaque page comme la roche au milieu des gazons des vallées pyrénéennes, et qui cherchait dans le sol, la lumière, la végétation, les animaux et les hommes, la force unique dont l’univers entier n’est que la manifestation infiniment variée. Le volume parut en 1855

  1. Mort en 1857. M. Hachette avait publié de lui une Histoire de la Chevalerie, et fait composer par Paradol un Essai d’Histoire universelle.
  2. About, Paradol, Gréard, Sarcey, Villetard, Caro, Mézières, Assolant, Weiss, etc., etc.