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avait de vague et d’hypothétique[1] ; et le courant naturel de son esprit, plus fort que toutes les influences extérieures, l’emportait d’un tout autre côté.

Dans son enseignement, il alliait la psychologie à la physiologie, et le 30 décembre 1854 il écrivait à Paradol : « La psychologie vraie et libre est une science magnifique sur qui se fonde la philosophie de l’histoire, qui vivifie la physiologie et ouvre la métaphysique. J’y ai trouvé beaucoup de choses depuis trois mois… jamais je n’avais tant marché en philosophie. » Le 1er août 1852, il envoie à Paradol le plan d’un Mémoire sur la Connaissance, où nous trouvons indiquées les idées fondamentales du livre de l’Intelligence écrit seize ans plus tard. « Tu y verras entre autres choses la preuve que l’intelligence ne peut jamais avoir pour objet que le moi étendu sentant, qu’elle en est aussi inséparable que la force vitale l’est de la matière, etc. ; plus une théorie sur la faculté unique qui distingue l’homme des animaux, l’abstraction, et qui est la cause de la religion, de la société, de l’art et du langage ; et enfin

  1. Lettre du 24 juin 1852 : « Je viens de lire la Philosophie de l’Histoire de Hegel. C’est une belle chose, quoique hypothétique et pas assez précise. »