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afin que le défunt ne manque pas d’argent dans l’autre monde.

Les bonzes président au convoi funèbre, lorsqu’au bruits des timbales, des flûtes et des tambours, il se rend au lieu de la sépulture. Les Chinois attachent une si grande importance à avoir des funérailles solennelles qu’on voit de simples ouvriers s’imposer toutes sortes de privations, et des familles se ruiner pour faire de superbes obsèques à un des leurs.

Les lois punissent sévèrement l’impiété envers les morts, et la violation des tombeaux est au nombre des crimes capitaux et irrémissibles. Au Japon, qui compte quatre-vingt-dix-huit mille temples de Bouddha pour trente-trois millions d’habitants, la procession des bonzes offre le coup d’œil le plus pittoresque. Revêtus de leur surplis jaune, les uns portant de longues cannes, à l’extrémité desquelles flottent des banderoles, les autres agitant dans l’air des fleurs en papier, symbole de l’arrivée du défunt au séjour des bienheureux, ces prêtres se dirigent vers le lieu de l’incinération. Une musique bruyante, des chants, des cris les accompagnent. La procession se déroule et serpente sur les hauteurs où l’on dresse le bûcher. Le chef des bonzes en fait trois fois le tour, trois