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Et l’élégant bouvreuil, à l’aile nuancée,
Pour achever son nid, espoir du lendemain,
Tressait avec ardeur la laine délaissée
Par la blanche brebis aux ronces du chemin.

L’ouragan peut venir ! attache, attache encore
Ce nid, ce frêle nid qu’échaufferont tes feux,
Pauvre oiseau ! car, avant le retour de l’aurore,
Il faut que ta compagne y dépose ses œufs…

Ses œufs, d’où sortira ta petite couvée,
Ton bonheur, ton amour, ton unique trésor…
Il se hâte, et bientôt la tâche est achevée,
Et le bouvreuil joyeux veut reprendre l’essor…

Mais, hélas ! l’imprudent, plein d’une ardeur si tendre,
S’était lié les pieds en attachant son nid !
Longtemps sa voix plaintive au loin se fit entendre,
Puis, tout devint muet lorsque le jour finit…

Plus tard, quand dépouillé de son épais feuillage,
Le grand chêne étendait ses longs rameaux mouvants,