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De larmes ses yeux s’emplissent encore ;
Et le beau chasseur, de sa voix sonore,
Lui dit : — Qu’as-tu donc à pleurer, Dyrcé ?…

Quoi ! des pleurs toujours, belle infortunée !
Quel souci tient donc ton âme enchaînée ?…
— Ô méchant garçon, perfide et cruel,
Ce n’est pas la fleur qui rend immortel,
C’est la fleur d’amour que tu m’as donnée !…

Calaïs l’embrasse et dit en riant :
— Qu’importent les jours et leur vol fuyant !
À vivre deux fois ma fleur te convie…
Oui, la fleur d’amour est la fleur de vie,
Car l’amour vainqueur se rit du néant !

— Ah ! reprend Dyrcé, quand ta main la donne,
La fleur dont l’attrait jusqu’au cœur rayonne,
Mon cœur trop charmé ne peut refuser…
Ma vie est liée à ton doux baiser :
Que la fleur d’amour reste ma couronne !


Gabriel Monavon.