Page:Monavon - À un poète, paru dans L’Entr’acte lyonnais, 22 novembre 1868.djvu/3

Cette page a été validée par deux contributeurs.


À UN POÈTE



Lorsqu’on m’offre un vieux vin, noble sang de la vigne,
Quel que soit le calice où coule la liqueur,
— Grès ou cristal, — je bois ce bon vin, toujours digne
De mon gosier de franc buveur.

Mais lorsque m’est offert le nectar de l’Idée,
Je ne le puis goûter qu’en un vase charmant :
Buveur ivre du beau, je veux le diamant
Pour qu’au gré de ma soif la coupe soit vidée.