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Page:Millaud - Madame l'Archiduc.pdf/66

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chaleur atroce, comtesse, voulez-vous prendre une glace, un sorbet, une petite brioche ?


MARIETTA, en minaudant, se lève ainsi que le duc, le domestique enlève le fauteuil et le tabouret.

Oui, je veux bien !


L’ARCHIDUC, lui prenant la main.

Elle est exquise.

Il la lui embrasse, Giletti tape sur l’épaule de l’archiduc.


L’ARCHIDUC.

Qu’est-ce que c’est ?


GILETTI.

Pardon, monseigneur, je vais vous dire, je sais bien que ça se passe comme ça dans les cours, et qu’il y a des maris qui s’en arrangent, mais pas moi…


LE DUC, fait un signe aux deux dragons qui sont restés, ceux-ci avançent.

Ah ! pas toi !


GILETTI.

Non, pas moi… on ne se chauffe pas de ce bois-là dans ma famille.


L’ARCHIDUC.

Ah ! on ne se chauffe pas dans ta famille, houst, houst, enlevez le mari, enlevez-le !…

Les dragons l’enlèvent.


GILETTI, pendant qu’on l’emporte.

Je te rattraperai, vilain singe.

Il disparaît.


MARIETTA.

Je vous en prie, monseigneur, qu’on ne lui fasse pas de mal.

Elle va vers la porte où est entré Giletti.


L’ARCHIDUC.

Soyez tranquille, et cependant, jamais on ne m’a appelé vilain singe.


MARIETTA.

C’est qu’on n’y avait pas pensé avant, monseigneur, sans ça…

Elle cherche à voir à travers la porte.