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Page:Millaud - Madame l'Archiduc.pdf/64

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FRANGIPANO.

Géronimo, Pancracio, Tapafini…


L’ARCHIDUC, furieux.

Comment, j’ai pas fini, qu’est-ce qu’il a dit ?


FRANGIPANO.

Marquis de Frangipano…


L’ARCHIDUC.

Frangipano, n’êtes-vous pas l’auteur d’un manuel du parfait conspirateur ?


FRANGIPANO.

Dont l’édition est épuisée, oui. Altesse !

Il masque Marietta.


L’ARCHIDUC.

Ne masquez pas !


FORTUNATO.

Ne masquez pas !


TOUS.

Ne masquez pas !

L’archiduc avance un peu son fauteuil et regarde les pieds de Marietta sur le tabouret.

Elle a un pied charmant, quel pied charmant ! (Frangipano allonge son pied croyant que c’est du sien dont l’archiduc parle.) Il est ravissant ce pied ! (Frangipano se rengorge avec satisfaction.) Ne masquez pas !…


FORTUNATO.

Ne masquez pas !


L’ARCHIDUC.

Il n’y a pas dans ma cour de plus joli pied que celui-là…


FRANGIPANO, avec orgueil, avançant l’autre pied.

J’en ai un second.


L’ARCHIDUC.

La duchesse de Civita-Vecchia avait certainement un pied délicieux, mais il y a dans celui-ci plus de grâce, plus d’esprit. (Frangipane confus s’avance.) Ne masquez donc pas !