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DORA.

Ah ! Réné !

Ils s’embrassent.


FRONTIGNAC.

Antoinette !


ANTOINETTE.

Cher Frontignac !

Ils s’embrassent.


LE COMMANDANT, les voyant s’embrasser sépare les deux groupes.

Voulez-vous bien vous taire ? Quelles mœurs, quelles mœurs ! Silence dans les rangs. Je suis maître à mon bord ; il faut que je descende, je m’occuperai de vous tout à l’heure. Pour l’instant, restez là : vous, les femmes, ici ; (Il les met à droite.) vous, les hommes, là. (Il les met à gauche - Aux deux matelots qui entrent.) Vous, les enfants, au milieu, en faction, vous empêcherez ces messieurs et ces dames de communiquer entre eux.


RÉNÉ.

Mais, mon oncle…


LE COMMANDANT.

Taisez-vous ! ici il n’y a pas d’oncle, il n’y a qu’un commandant. Je vais faire mon point ; je suis sûr que Saint-Chamas s’est trompé dans ses calculs. (Aux matelots.) Défense aux prisonniers de se parler… les hommes ici, les femmes là. (Fausse sortie.) Je reviens… Ah ! (Il redescend.) non, j’ai changé d’idée, les femmes ici, et les hommes là : (Il les fait changer de place.) c’est bien mieux.


DORA.

Mais c’est bête comme tout !


LE COMMANDANT.

Le fait est que c’est bête comme tout ! (À Dora.) Mauvais petit serpent, c’est toi qui es cause de tout ! songez-y, ici tout m’obéit, je suis seul maître à mon bord… Décidément, nous bourlinguons…