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Page:Millaud - La Créole.pdf/42

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LE COMMANDANT.

Oui !


RÉNÉ, allant à Antoinette et l’embrassant.

Antoinette, ma femme, ma chère petite femme.


FRONTIGNAC.

Qu’est-ce qu’il dit ?


RÉNÉ.

Mon cher oncle, que je vous embrasse.

Il embrasse son oncle.


LE COMMANDANT.

Mes enfants, je suis ému. M’embrasser c’est bien, c’est très-bien, mais ce n’est pas tout… Embrassez-vous tous les deux… devant moi, montrez-moi votre bonheur… allons, allons !…


RÉNÉ embrasse Antoinette.

Tant que vous voudrez, mon oncle.


FRONTIGNAC, ahuri.

Mais…


LE COMMANDANT.

Tu vois leur bonheur, Frontignac, tu vois…


FRONTIGNAC.

Certainement, je vois… et…


LE COMMANDANT.

Et tu les envies… Mais, patience, patience… attends un peu, célibataire, infortuné célibataire, attends un peu. (Il va à la porte du fond et appelle.) Cartahut !

Un matelot paraît, le commandant lui donne des ordres tout bas.


FRONTIGNAC, séparant Réné d’Antoinette.

Avec toutes ces embrassades que comptes-tu faire ?


RÉNÉ, bas.

Il ne reste que deux ou trois jours, c’est une comédie à jouer pendant quarante-huit heures ; je t’emprunte ta femme.


FRONTIGNAC, bas.

Mais…