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FRONTIGNAC.

Et puis des serments.


LE COMMANDANT.

Voilà tout !


FRONTIGNAC.

Pas autre chose ; je vous jure.


LE COMMANDANT.

Allons, très-bien, je vois ce que c’est, des balivernes, des amourettes, je vous aime, je vous adore, à vous pour touours… à vous pour la vie… plutôt le couvent, plutôt le trépas… et cœtera, et cœtera.. Ça fait passer le temps à la campagne… je connais ça… aucune importance, tout ça n’a aucune espèce d’importance… et Antoinette peut épouser Réné.


FRONTIGNAC.

Mais elle ne l’aime pas.


LE COMMANDANT.

Elle l’aimera.


FRONTIGNAC.

C’est moi qu’elle aime.


LE COMMANDANT.

Ça passera.


FRONTIGNAC.

Votre neveu ne l’a jamais vue.


LE COMMANDANT.

Il la verra !


FRONTIGNAC.

Mais enfin, commandant, quel intérêt avez-vous à la donner à votre neveu plutôt qu’à moi ?


LE COMMANDANT.

Quel intérêt ? Il me demande quel intérêt ; mais Réné est le seul rejeton de ma race, l’héritier de mon nom, le dernier des Feuillemorte. S’il ne se marie pas, adieu les Feuilemorte, et les Feuillemorte doivent être éternels.