Page:Millanvoye — Anthologie des poètes de Montmartre, éd7.djvu/118

Cette page n’a pas encore été corrigée



Mon bras, et des senteurs berceuses
Confusément venaient à nous ;
Des bêtes, fines connaisseuses,
Grimpaient le long de tes genoux.

Tu riais ton rire sonore
Qui faisait rire les échos,
Et dans tes fins cheveux d’aurore
Tu mettais des coquelicots

Rouges, des marguerites blanches
Entremêlés de bluets bleus ;
Et moi, je baisais tes mains blanches,
Ta lèvre rouge et tes yeux bleus.

Tu me chantais de ta voix grave
Ton répertoire de chansons;
Des merles sifflaient à l’octave
Dans le mystère des buissons.

Puis le soir vint : des ombres douces
S’endormirent sur les gazons.
Déjà l’émeraude des mousses,
Le vert tendre des frondaisons

Toute la forêt séculaire
Rassemblait, éparse dans l’air,
Sa chemise crépusculaire.
Tandis que la lune au ciel clair