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après une guerre de trente ans (981-1019), remarquable par la terrible cruauté qu’il y montra, détruisit l’empire des Bulgares, dont une partie seulement conserva quelque indépendance.

Les écrivains contemporains et les savants modernes s’accordent à dire que les premiers livres d’église écrits en langue slave ont été composés dans les pays des Bulgares, dans la Mœsie, la Macédoine et la Thrace.

La mention la plus ancienne des Slaves, comme peuple indépendant, remonte au temps de Justinien. Le précepteur de ce prince, Théophile, dit même que son élève était Slave d’origine ; le nom de Justinien, ainsi que celui de son père et de sa mère, pourraient confirmer cette affirmation. Cet empereur était nommé parmi ses compatriotes Uprawda, ou Wprawda, ce qui peut se traduire par Justinien. Car le mot latin Jus, Justicia, répond au mot slave prawda, et la lettre U, qui précède ce mot, semble être une simple aspiration. Le père de Justinien, appelé par les Grecs Sabbatias, Sabbatios, ou Sabbazios, dans sa langue maternelle s’appelait Istok Wostock, en russe ; Wshodż, en polonais ; sa mère avait un nom slave : Bigleniça ou Wigleniça.

Les Serbes, qui séjournaient sur les bords du Danube, étaient constamment en rapport avec les Grecs ; ils étaient gouvernés par des dignitaires appelés Zupans. Les Grecs sont parvenus à établir leur pouvoir sur ces peuples ; ils nommaient le grand zupan, auquel les autres zupans obéissaient rarement. Vers l’année 1120, la Serbie était gouvernée par Bela Urosz, le