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Bordeaux : « Qu’heureusement les Girondins allaient être assassinés. »

Ce n’était qu’aux Cordeliers ou dans la réunion de l’Évêché que quelques hommes soutenaient la thèse, très peu populaire, de la nécessité d’un massacre.

Nous avons vu la violence insensée de l’Évêché combattue en octobre 1792, en avril 1793, par Robespierre et Marat. L’Évêché ne fut nullement soutenu par le peuple dans sa tentative meurtrière du 10 mars. Au 1er avril, les Jacobins, le frappant d’une vive désapprobation par leur président Marat, l’empêchèrent de s’emparer des armes de la Commune, que l’Évêché voulait, disait-il, distribuer aux sections.

À la fin d’avril, un hasard, une circonstance imprévue lui donna tout à coup une grande popularité. Ce fut la mort de Lazouski, l’un de ses membres, capitaine des canonniers du faubourg Saint-Marceau. Nous avons parlé de ce réfugié polonais, qui avait brillé au 10 août, et qui, depuis, vivait dans ce faubourg, avec la population la plus indigente de Paris. Envoyé avec Fournier pour escorter les prisonniers d’Orléans, il n’empêcha pas le massacre ; l’eut-il pû ? la chose est douteuse. Nous le retrouvons au 10 mars. Le faubourg ne voyait en lui que le vainqueur du 10 août. Ces pauvres gens avaient pour leur Polonais un engouement extraordinaire ; ils le pleurèrent sincèrement, prétendirent qu’il était empoisonné. La Commune s’associa à ce soupçon, à ce deuil ; elle