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la force. » C’était décréter un combat ; il fut livré bientôt.

On voit, par ce fait grave, comment la Gironde, dans son inintelligence de la crise où la France se trouvait, faisait, sans le vouloir, les affaires de l’ennemi, celles du royalisme, et devenait de plus en plus l’obstacle de la situation.

Elle l’était surtout aux finances. Son ministre, Clavières, était en lutte avec la trésorerie, c’est-à-dire avec Cambon. Les administrations girondines, qui arrêtaient celui-ci dans la vente des biens d’émigrés, le mirent aussi dans l’impossibilité de suivre le beau plan du département de l’Hérault. Ce plan eût associé au pouvoir réquisitionnaire ces administrations, tellement suspectes. On ne put se fier qu’aux municipalités, à leurs comités, violemment, brutalement patriotes, mais sûrs et vrais républicains.

Instrument barbare, maladroit, le seul pourtant qu’eût la Révolution, et qui la fît haïr, la rendant plus odieuse encore par la violence de la forme et la tyrannie du procédé que par la grandeur des sacrifices qu’elle exigeait. C’était avec des cris, des menaces, des injures, de brusques invasions de domicile, à faire évanouir les femmes, qu’on exigeait le tribut, légitime en réalité, que demandait la Patrie en péril. L’emprunt, levé ainsi, donna plusieurs mois à la France l’aspect d’une ville prise d’assaut.

Notez pourtant que cet emprunt n’était levé qu’avec une bonne garantie. On vous donnait en