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Le comité de défense, qu’ils appelaient outrageusement un conseil de Dumouriez, n’en sauva pas moins la patrie. Les Girondins, les dantonistes, y furent parfaitement d’accord et agirent unanimement.

Ce comité, par Isnard, proposa et fit décréter la création du Comité d’exécution ou Comité de salut public. Il se composait de neuf membres, délibérait en secret, surveillait, accélérait l’action du ministère, pouvait aussi, au besoin, en suspendre les arrêtés. En cas d’urgence, il donnait ses ordres aux ministres. C’était un roi, en réalité, mais renouvelé de mois en mois, et qui devait, chaque semaine, compte à la Convention. Celle-ci ne gardait qu’une chose hors des mains de ce comité, les clés de la caisse publique ; la trésorerie restait seule indépendante, la dictature de l’assignat, la royauté de Cambon.

Cette grande institution révolutionnaire effrayait beaucoup d’esprits. Danton les calma, demanda que, dans une si grande circonstance, « on se rapprochât fraternellement ».

La Montagne suivit cette impulsion avec un véritable patriotisme, désavouant expressément les paroles d’injurieuse défiance que lançait Marat. Elle abandonna sans difficulté Orléans aux Girondins, permit son arrestation.

Toutes les mesures urgentes de la situation furent proposées, obtenues par des membres quelconques du comité de défense, dantonistes ou Girondins.